L’éco-conseiller… Un super héros ou un agent de développement durable ?

Définition et témoignage d’une éco-conseillère en devenir…

Eco-conseiller… Un sauveur ? Un super héros ? Un personnage de bandes dessinées ? Ou tout simplement un être humain ?

Cette appellation peut faire peur, mais peut également rassurer… Chacun peut construire sa définition du métier ; la manière dont il va l’appréhender va lui conférer une dimension spéciale. C’est dans ce cadre que voici une définition qui trouvera peut-être écho chez certains d’entre-vous ou qui servira à nourrir la réflexion pour d’autres. À mes yeux, l’éco-conseiller est un acteur du territoire, un rassembleur, dont l’objectif est de s’assurer de la prise en compte des piliers du développement durable, en mettant l’accent sur les critères environnementaux, au sein des structures où il est employé que ce soit au niveau des projets ou du fonctionnement de celles-ci.

Né en Allemagne, le concept d’éco-conseiller a pris son envol en 1987 lors de la naissance de l’association Eco-Conseil. En 1988, la première formation est organisée en France, à Strasbourg. Deux Belges font partie de cette première promotion et décident de créer l’Institut Eco-Conseil à Namur, en 1989. Ils mettent également en place la première formation d’éco-conseiller en 1990, depuis, 22 promotions se sont succédées, et plus de six cents éco-conseillers ont été formés.

Le métier d’éco-conseiller renferme six compétences ; il se doit d’être généraliste, apprenant, agent de démocratie et de participation, gestionnaire de projets, communicateur et accompagnateur de changement. Ces six compétences ont été définies par l’Institut Eco-Conseil de Namur lors de leur travail de réflexion portant sur les aptitudes d’un éco-conseiller. Ces différents critères – métiers lui permettent de réaliser son objectif : améliorer le cadre de vie, sa protection, le tout en proposant des solutions innovantes, mais réalistes. Grâce à sa démarche de travail, il va jouer un rôle d’interface entre les différents acteurs, analyser les problèmes, et par le biais d’une démarche collective, accompagner leurs résolutions. Ses actions se déroulent ainsi sur trois volets : elles sont préventives, correctives ou encore orientées vers la sensibilisation. Sa polyvalence et ses connaissances lui permettent d’intégrer des entreprises, des associations ou encore des « services publics » comme les communes, les provinces, la Région, les CPAS et autres. Il trouve sa place au sein des structures qui ont le désir de travailler sur leurs comportements et sur l’impact environnemental de leurs activités.

Afin d’acquérir le bagage nécessaire, la formation se déroule en deux temps sur une période d’un an. Elle est organisée par l’Institut Eco-Conseil, financée par le FOREM et soutenue par le Service Public de Wallonie et par la Région de Bruxelles-Capitale. Elle est à destination des demandeurs d’emploi. Afin d’y postuler, il faut posséder un diplôme de graduat au minimum et faire part, de la manière la plus pertinente, de sa motivation. C’est le seul bagage nécessaire. La formation est ouverte à un ensemble de personnes éclectiques tant dans leur formation initiale, leurs expériences que dans leurs personnalités. On y retrouve ainsi des ingénieurs, des sociologues, des historiens, des photographes, des comédiens,... Cette mixité humaine permet d’alimenter une réflexion enrichissante et ouverte.

La première moitié de la formation s’articule autour de modules liés à des problématiques telles que l’aménagement du territoire, la mobilité, la gestion de l’eau, des déchets, de l’énergie, la qualité de l’air, la biodiversité, l’agriculture, le réchauffement climatique et autres. Ceux-ci sont dispensés par des professionnels et permettent d’avoir une approche dynamique et transversale. Ils sont complétés par un travail portant sur le métier d’éco-conseiller et une thématique liée au métier. Des journées d’observations et de mises en pratique sont également prévues afin de pouvoir développer notre regard. L’accent est aussi porté sur la communication ; cet aspect est important dans le métier, car l’éco-conseiller est en contact permanent que ce soit avec des acteurs de sa structure, des professionnels ou des citoyens ; il doit pouvoir s’adapter à toutes les situations, et adapter son discours à ces dernières.
La deuxième moitié permet d’appréhender le métier grâce à la réalisation d’un stage. Les structures d’accueil sont diverses et variées ; elles permettent à chacun de trouver sa place et sa voie. Ce stage se clôture avec le rendu d’un rapport et d’une défense devant un jury de professionnels.

C’est une formation qui demande du temps, de l’investissement, et une grande prise de recul, par moment, au niveau des informations dispensées et de la vie en communauté. Sur un plan plus personnel, elle permet également de trouver des pistes pour articuler développement durable et mode de vie, et ainsi de s’ouvrir à des alternatives de consommation et de vie telles que par exemple les paniers fermiers, ou un autre type d’alimentation.

Dans leurs bulles, les éco-conseillers essayent d’impulser au monde qui les entoure de nouvelles visions et méthodes pour préserver, valoriser notre environnement et favoriser la vie qui en découle. "Un monde plus libre, plus juste, plus vert et plus responsable" pourrait être leur credo.

Liens utiles :

- Institut Eco-Conseil (Namur)
- Institut Européen pour le conseil en environnement
- Association Belge des Eco-conseillers et Conseillers en Environnement (ABECE asbl)
- Association Française des Eco-Conseillers (AsFEC)

Nathalie Paulus - Mis en ligne le 13 novembre 2012